GTA 6 leaker : où en est la traque de CyberLeek ?

Un mois après les premières fuites, les assignations DMCA contre Discord et Microsoft ont dépassé leur échéance du 4 septembre sans identité révélée. Le point sur une traque qui n’a toujours pas de nom.

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Un mois après les premières vidéos volées, la traque du gta 6 leaker CyberLeek arrive à un point que personne n’avait anticipé : un dossier judiciaire épais, deux entreprises qui répondent par des formules prudentes, et toujours aucun nom. Les assignations DMCA visant Discord et Microsoft ont dépassé leur échéance du 4 septembre 2026 sans qu’aucune des deux ne confirme en public ce qu’elle a transmis. Une enquête amateur sur GTA Forums a fait remonter un pseudonyme Discord, mais son propre auteur reconnaît l’absence de preuve solide. État des lieux au 14 septembre 2026.

Un mois de fuites, deux articles déjà publiés

On ne revient pas sur le détail des vidéos volées ni sur le mécanisme des assignations : ces deux sujets ont déjà leur article. Le point de départ, les premiers clips diffusés à partir du 18 août et le rôle du memecoin $CYBERLEEK, est couvert dans notre récit du début de l’affaire. Le fonctionnement des subpoenas DMCA déposés le 20 août contre Microsoft et Discord, et l’échéance du 4 septembre qu’ils fixaient déjà, sont détaillés dans notre article sur les assignations. Rockstar, de son côté, avait fini par sortir du silence le 26 août, dans un communiqué que nous avions détaillé (à lire ici), sans dire un mot sur l’identité du fuiteur. Cet article-ci se concentre sur une seule question : où en est la chasse à la personne derrière CyberLeek, deux semaines et demie plus tard ?

Les assignations DMCA et l’échéance du 4 septembre

Rappel express du cadre légal. Le 20 août, Take-Two dépose deux subpoenas DMCA devant le tribunal fédéral du district sud de New York, l’un visant Microsoft, l’autre Discord. Le tribunal les accorde dès le 21 août. La demande porte large : identifiants de machine et de compte Microsoft, adresses IP de connexion et d’inscription, numéros de téléphone, comptes Xbox et Google liés, et même le contenu OneDrive, pour chaque compte ayant échangé depuis le 1er juin dans trois serveurs Discord nommés, dont l’un dépasse 107 000 membres. Take-Two n’a jamais caché viser un cercle bien plus large que le seul auteur des fuites.

La suite montre une enquête qui bouge vite. Le 23 août, Take-Two étend sa démarche à des subpoenas visant X et YouTube. Le 28 août, un nouveau dépôt révèle qu’un utilisateur Discord supplémentaire a été identifié, avec des précisions ajoutées sur un compte déjà repéré. Le 31 août, l’éditeur retire sa demande à YouTube, jugeant sa piste sur cette plateforme dépassée, et demande au tribunal de sceller une nouvelle requête adressée à Discord, pour ne pas alerter les personnes visées sur l’avancée réelle du dossier. Dans ses écritures, Take-Two qualifie elle-même son enquête d’« évolution rapide et continue ».

Chronologie judiciaire de l’affaire CyberLeek

DateÉvènement
18 août 2026Premiers clips volés diffusés par CyberLeek
20 août 2026Take-Two dépose deux subpoenas DMCA contre Microsoft et Discord
21 août 2026Le tribunal fédéral (SDNY) accorde les deux subpoenas
23 août 2026Nouvelles demandes de subpoenas visant X et YouTube
28 août 2026Un utilisateur Discord supplémentaire identifié dans un nouveau dépôt
31 août 2026Demande de scellement d’une nouvelle requête Discord, retrait de la demande YouTube
4 septembre 2026Échéance de transmission des données par Microsoft et Discord
14 septembre 2026Aucune transmission confirmée en public, aucune identité révélée
Chronologie reconstituée à partir des sources listées en « Méthode et sources », relevé au 14 septembre 2026.

Discord et Microsoft, la coopération sans les noms

Les deux entreprises visées par les subpoenas ont réagi, mais sans jamais entrer dans le détail. Un porte-parole de Discord a résumé la position de la plateforme en une phrase : « nous examinons et respectons les subpoenas valides que nous recevons, comme c’est la pratique standard pour des entreprises comme la nôtre ». Chez Microsoft, c’est Scott Van Vliet, directeur technique (CTO) de la division Xbox, qui s’est exprimé sur X : « nous travaillons en étroite collaboration avec Take-Two et Rockstar Games pour soutenir les efforts de protection des œuvres créatives et de la propriété intellectuelle ».

Aucune des deux déclarations ne dit ce qui a été transmis, ni à quelle date, ni si l’échéance du 4 septembre a été tenue. Au 14 septembre, ni Discord, ni Microsoft, ni Take-Two n’ont communiqué de bilan chiffré sur les comptes identifiés grâce à ces échanges.

La piste communautaire de Kotaku : un pseudo, pas un nom

Le 25 août, Kotaku a consacré un article à une enquête menée en dehors de tout cadre judiciaire, sur le forum GTA Forums. Un membre du forum, sous le pseudonyme Vice Cit, y a croisé l’activité liée au token $CYBERLEEK avec des horodatages relevés sur Discord. Sa conclusion désigne un compte Discord, « stayonthegrindd », qui aurait posté puis effacé le tout premier clip volé (les images de basket-ball) quelques heures après sa mise en ligne par CyberLeek, le 18 août.

Kotaku encadre lui-même cette piste avec prudence : le média écrit noir sur blanc qu’il n’existe « pas de preuve concrète », et que ce compte pourrait tout aussi bien avoir mis la main sur la fuite avant les autres, sans en être la source. Sur esportactu, la règle est la même : ce pseudonyme reste une hypothèse relayée par une enquête communautaire, pas une identification. Aucun nom réel de personne n’a été établi publiquement dans ce dossier, et cet article n’en avancera aucun.

GTA 6 leaker : ce qu’on ignore encore au 14 septembre

La liste de ce que cette affaire ne dit toujours pas est presque aussi longue que celle de ce qu’elle documente. Personne n’a été présenté comme le gta 6 leaker par une autorité, une entreprise ou un tribunal. Aucune arrestation n’a été annoncée. Le sort exact des données réclamées à Microsoft et Discord pour l’échéance du 4 septembre n’a fait l’objet d’aucune communication chiffrée. Le résultat de la demande de scellement déposée le 31 août n’est pas connu à ce jour. Entre le 4 et le 14 septembre, aucune source consultée pour cet article ne rapporte de nouvelle fuite de gameplay, de communiqué de Take-Two sur l’enquête, ni de décision de justice rendue publique sur ce volet précis du dossier.

Des affirmations d’identification circulent par intermittence sur les réseaux sociaux, portées par des comptes qui parlent de rumeur plutôt que de confirmation. Aucune ne s’appuie sur une source officielle, et aucune n’a été reprise par Take-Two, Rockstar, Discord ou Microsoft. Elles ne changent rien à l’état des faits établis.

Cypress Cove, l’effet collatéral bien réel

Le dossier judiciaire avance au ralenti, mais les répercussions concrètes des fuites, elles, continuent d’apparaître. Le 11 septembre, Kotaku a rapporté qu’un vrai centre naturiste de Floride, Cypress Cove, à Kissimmee, avait été identifié par des joueurs comme l’inspiration d’un lieu apparu dans une vidéo volée. Résultat : une vague de faux avis Google, dont certains accompagnés de demandes de paiement pour les modifier ou les retirer. L’établissement a refusé de payer, affirmé avoir conservé les preuves de ces demandes et indiqué les avoir signalées aux plateformes concernées. L’épisode montre qu’un mois après les premières vidéos, l’affaire produit encore des conséquences bien loin des tribunaux new-yorkais.

Méthode et sources

Article rédigé et vérifié le 14 septembre 2026, à partir de recherches faites ce jour-là. Le calendrier des subpoenas s’appuie sur les comptes rendus de Kotaku, Variety, TorrentFreak, PC Gamer, GameSpot et Tom’s Hardware, croisés entre eux ; aucun document judiciaire n’a fait l’objet d’une lecture de première main. Les citations de Discord et de Scott Van Vliet reprennent des déclarations publiques relayées par plusieurs de ces médias. La piste communautaire du 25 août vient de l’article de Kotaku consacré à l’enquête menée sur GTA Forums, présentée ici avec les mêmes réserves que celles posées par ce média. L’épisode Cypress Cove s’appuie sur le compte rendu de Kotaku du 11 septembre.

Cet article ne couvre pas : le contenu des vidéos volées elles-mêmes (traité dans les articles déjà publiés cités plus haut), l’identité réelle de CyberLeek, puisqu’elle n’est confirmée par aucune source à la date de publication, le résultat de la demande de scellement du 31 août, non tranché à ce jour, et le bilan exact de ce que Microsoft et Discord ont transmis pour l’échéance du 4 septembre, qu’aucune des deux entreprises n’a détaillé en public.

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