Le compteur s’est arrêté dans la nuit de dimanche à lundi sur 32 891 874 euros. Le ZEvent, qui tenait sa dixième et dernière édition, a presque doublé son propre record et signé le plus gros total de son histoire. Ce que ce chiffre dit, et ce qu’il laisse derrière lui.
Un record qui double le précédent
32 891 874 euros, répartis entre 22 associations. Le précédent record, établi en 2025, tournait autour de 16,88 millions. L’édition d’adieu n’a pas seulement battu la marque : elle l’a presque doublée en une seule année.
Pour situer la progression sur la durée : entre 2016 et 2025, les neuf premières éditions avaient cumulé un peu plus de 57 millions d’euros. La dixième, à elle seule, en ajoute près de 33. En clair, cette dernière représente à peu près 36 % de tout ce que le ZEvent a levé en dix ans.
Comment le week-end s’est déroulé
Le marathon a démarré le vendredi 4 septembre à 18 h et s’est terminé dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7, soit près de cinquante heures de direct sans interruption. Le plateau était installé au Corum de Montpellier, avec environ 80 créateurs sur place et près de 200 autres connectés à distance.
L’événement avait été lancé la veille par un concert d’ouverture à la Sud de France Arena, devant quelque 9 000 personnes. Une mise en scène inhabituelle pour un format né sur Twitch, et cohérente avec l’idée d’une sortie par la grande porte.
Aux commandes, les deux mêmes qu’en 2016 : Adrien « Zerator » Nougaret et Alexandre « Dach » Dachary, tous deux montpelliérains.
Pourquoi le total a doublé
L’explication tient sans doute d’abord à l’annonce elle-même. Savoir que c’est la dernière change le comportement d’un public : on donne pour marquer le coup, les créateurs se mobilisent au-delà de leur engagement habituel, et les paliers deviennent des objectifs collectifs plutôt que des jalons de routine. Un événement qui annonce sa fin concentre sur une édition ce qui se serait étalé sur plusieurs.
Ce raisonnement a une conséquence qu’il faut poser sans détour : ce total n’est pas reproductible. Il ne mesure pas la santé courante du format, il mesure un adieu. Personne ne saura si le ZEvent aurait tenu ce niveau en continuant, et c’est l’argument même de ses organisateurs pour s’arrêter.
Ce que ça laisse
Le créneau du grand marathon caritatif francophone est maintenant vacant, et rien n’indique qu’il sera repris à ce niveau. La comparaison la plus parlante est arrivée la semaine dernière : Games Done Quick, la référence américaine du marathon de speedrun, a tenu sa première européenne à la gamescom de Cologne et y a récolté 18 000 euros. Le rapport entre les deux se compte en milliers de fois.
Les deux formats ne jouent pas le même jeu. GDQ repose sur une communauté de speedrun, un compteur en direct et des défis financés par le public, un modèle que Flame Fatales décline en ce moment même. Le ZEvent reposait sur la puissance d’audience du streaming francophone grand public, réunie sur un même week-end. Le second n’est pas remplaçable par le premier.
Reste la question ouverte : Zerator a laissé entendre que l’engagement caritatif continuerait sous une autre forme, sans dire laquelle. Dix ans, environ 90 millions d’euros cumulés, et une place à prendre.